jeudi 29 octobre 2015

Sous la Khaïma de DBAGANA -2- Nouakchott. Mauritanie


Il était 05h30 ce matin lorsque je me suis réveillée, ou disons plutôt, lorsque j'ai décidé que cela suffisait comme ça!



Je craignais de ne pas être à l’heure pour ouvrir la porte de DBAGANA aux maraîchers, qui dorment chaque nuit, ici, sous la khaïma et ne la quittent qu’au petit jour.
Je suis donc descendue avec la pleine lune pour torche, leur ai fait de loin un petit signe de la main auquel ils m’ont répondu, ai libéré la porte d’entrée et suis retournée vers  ma chambre, bien décidée à me recoucher.
Exercice impossible que de demander à l’insomniaque que je suis de se rendormir alors que le soleil doucement se lève, qu’il fait délicieusement « frais » et que des scènes de vie que j’ai aussitôt envie de vous faire partager, se déroulent, là, sous mes yeux.


Cette vie qui s’éveille de l’autre côté de la route derrière DBAGANA : quelques « boubous »,mallettes à la main, quelques femmes aussi, attendent un véhicule ami ou de bonne composition, qui les mènera vers le centre de la ville, à " Capitale" pour rejoindre un travail,  une occupation ou une école sans doute . 
Ils font les cent pas avec patience et- portable collé à l'oreille. 
Des véhicules s’arrêtent. 
Ils y montent, parfois simplement jusqu'au "Carrefour Madrid" où ils ont plus de chance de trouver une voiture qui les emmènent vers leur direction. 


Le vent est encore léger les « perruches » se réveillent aussi, 
( Jean-Marc Dignac de l’ ONG "ARBRE"  qui s’y connaît bien en oiseaux, m’a dit qu’il s’agissait en fait de –guêpiers-).



L’aube rougeoie et le sommeil m’a définitivement fuie, rien que de très normal finalement.

Maintenant il est 16h30. 
Journée chaude et Harmattan brûlant, coupure d’électricité et de réseau…rien  aussi que de très normal.


Dans une heure les guêpiers vont revenir nicher.


C’est Samedi, il fait très calme et les bruits de la rue ne sont plus que légères rumeurs après les journées chaotiques qui ont précédé l'Eïd.


Pendant que j’écris à l’ombre d’un amandier, le boutiquier du coin dort calmement sous l’air plus doux de la khaïma et je respecte trop son sommeil si confiant pour lui voler cet instant privilégié.


Il repose là, paisible, et, après une toilette sommaire sous la douche mise à la disposition de qui entre ici, il ira reprendre sa place dans sa microscopique boutique chauffée à blanc, jusque très tard dans  la nuit.

Ces heures magiques, de l’aube et du crépuscule, où que je sois, sont celles que je préfère, celles où je peux me recentrer dans la solitude.
Le calme exceptionnel de cette journée, le murmure maritime des feuillages, me réconcilient avec ce début de séjour un peu particulier, où je n'ai pas encore vu l'ombre même d'une dune!





Il est bientôt 17h à présent, le boutiquier s’est longuement frotté les yeux après ce lourd sommeil et est allé faire ses ablutions.



Les muezzins se réveillent aussi.


Texte: Mona Mac Dee

Photos: Bamba Samory Soueidatt et Mona Mc Dee







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