mercredi 28 octobre 2015

Sous la Khaïma de DBAGANA. -1- Nouakchott. Mauritanie


Les textes ont été écrits en Octobre 2013, mais la lutte pour l'assainissement continue, aujourd'hui en Octobre 2014 et plus que jamais.
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"8 jours déjà que je vis, partage et constate:
Quel travail accompli par Bamba Samory Soueidatt pendant toutes ces années, avec ténacité, constance, patience et espoir.
Quel incroyable  désir de transmettre aux enfants  et aux étudiants, ses conseils en matière d'environnement et d'écologie, même si souvent il sème  sans savoir si il trouvera en ceux-ci, un terreau fertile .


Peu de personnes savent que DBAGANA, c'est aussi une porte ouverte 24 heures sur 24 pratiquement, à quelques personnes qui n'ont pas de toit, et trouvent ici le soir à dormir sous la khaïma, mais aussi à se doucher et y trouvent des toilettes! 
Trop modeste, Bamba n'en parle pas. 


C'est l'accueil mauritanien dans sa belle expression.

À l'extérieur des murs, à l'abri de grands arbres qu'il y a plantés, des bancs de pierres, où, les garagistes ( qui font assez peu de cas de ce site magnifique, souvent par pure ignorance) et quelques boutiquiers, viennent se reposer aux heures trop chaudes.
Là aussi, déchets, carcasses de voitures, huiles usées se disputent la place aux ordures ménagères.


Au crépuscule, des dizaines de guêpiers viennent nicher dans les grands arbres de DBAGANA et s'envolent à l'aube.



Au dehors, des tourbillons de sable gris et des nuages de pollution automobile, blanchissent le ciel à longueur de journée.
Depuis hier, des centaines de voitures s'arrêtent le long de la route qui longe DBAGANA: hommes, femmes et enfants y cherchent une place pour partir vers d'autres contrées  ou vers le Sénégal, pour y fêter l'Eïd en famille.
On est vraiment très loin des magnifiques images du désert, loin du pas lent des chameliers et de leurs chameaux, loin des réveils silencieux sur la dune. 


Pourtant, à DBAGANA , on arrive à oublier le bruit constant de la rue: les feuilles des arbres bruissent et il fait bien doux sous la khaïma. 
Je me suis mise au rythme du temps d'ici: un peu de thé, écouter, balayer le sable...m'arrêter...cuisiner un peu, manger,...et ne rien faire: il fait trop chaud maintenant.


Aux heures plus tardives, un peu de lessive, un peu de thé, écouter les oiseaux, lire peut-être, et écrire.
DBAGANA se trouve dans ce quartier si défavorisé de El Mina. Il est très étendu. 
Autour du marché, les rues n'ont toujours pas absorbé les eaux des pluies de Septembre 2013. ( j'écris ceci en fin Octobre 2013).


Par endroit, l'illusion est dangereuse: une photo prise au hasard, nous laisserait croire que nous sommes devant un lac creusé de main d'homme pour faire joli. 









Des enfants, ignorants des dangers y plongent avec délice, alors que les rives abondent de carcasses d'animaux et de déchets de fosses. 
D'autres rues ne cachent rien: boues pestilentielles dont les sables déversés ne masquent pas les odeurs.

Photo de Bamba Samory Soueidatt


Photo de " BOSS" Bamba Samory Ould Soueidatt

Pour tout çela, et sans le moins du monde avoir le complexe du sauveur "toubib", loin de là, je me limiterai à parler encore et encore de DBAGANA, à solliciter mes amies et amis journalistes et écrivains ( Mbarek Ould Beyrouck venu nous visiter) connus et rencontrés ici ou pas encore ( mais ça va venir!), à faire le pied de grue là où on trouvera peut-être une oreille attentive..."



Texte et photos Mona Mc Dee sauf mention contraire.




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