vendredi 4 août 2017

ENVIRONNEMENT : « UNE PERLE ÉCOLOGIQUE » IN NOUAKCHOTT (PHOTOS REPORTAGE)

Par Ely Salem Khayar  date du 13 Octobre 2013

« La nature est  éternellement jeune, belle et généreuse . Elle possède le  secret  du bonheur , et nul  n’a su le lui  ravir .  »  (George Sand).

Aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, il y’a à Nouakchott et de surcroit à El Mina qui patauge actuellement dans les eaux nauséabondes suite  aux  dernières pluies,  un endroit  dans lequel  tout un chacun peut passer ses nuits à ciel ouvert, au milieu d’une  mini- foret   d’arbres fruitiers et  autre diversité  botanique, sans entendre ou sentir sur sa peau le moindre moustique. Une « perle écologique » havre de douceur et parfum  aux  locataires, visiteurs et  espèces végétales ou animales qui  s’y  trouvent.   Un  décor verdoyant protégé  par  une forteresse  grande muraille où les Tikit traditionnels  voisinent  chambres modernes luxueusement  équipées,  esplanades, rangées  d’arbustes coiffés, balcon, parkings véhicules, espace pour grillade culinaire etc.. Un écosystème  entretenu par des mains expertes,  conçu  et transformé par son initiateur en une école  d’environnement pour étudiants et un site touristique aux visiteurs.
« La nature, pour être commandée, doit être obéie. » (Francis Bacon)
Les années précédentes ,DBAGANA, c’est le nom de ce bel endroit qui se situe à la limite sud Est de la Moughataa d’ El Mina non loin de la centrale électrique, remplissait comme il se doit sa mission éducative  et environnementale. Aujourd’hui, un  grand danger de pollution  menace sa biodiversité : garages mécaniques à proximité, décharges poubelles aux alentours, manque de lotissement du secteur, défaut de traçage, balisage et bitume des routes avoisinantes etc.
Averties par    voies médiatiques, courrier écrit, pétitions, alertes diverses, visite des lieux par certains hauts responsables et diplomates,  les autorités administratives et gouvernementales conscientes du danger de pollution qui  menace  ce site, manifestent visiblement ( pourtant ) une volonté  de  le sauver  et ont entrepris certaines démarches  : Lettre du ministre de l’environnement à  son collègue de l’intérieur. Lequel  en envoie une , par voie  administrative  au Wali de Nouakchott  qui  demande  à son tour par écrit au Hakem de El Mina de  prendre les dispositions nécessaires.   Jusqu’ici  en vain !!!
Où  se situe le blocage? Par qui ? Pourquoi?
En tout cas ,les amis de DBAGANA, les nombreux professeurs ,maitres d’école, étudiants, élèves, élus, officiers, stagiaires, visiteurs  et touristes étrangers qui  ont fait un détour par  ce chic  endroit, seraient très  ravis de constater que les pouvoirs publics ont  engagé  l’ opération « coup de poing » nécessaire pour débarrasser  définitivement cette icône écologique d’une rare beauté naturelle, sise à seulement 100 mètres de la route principale  (entrée /sortie)  Nouakchott- Rosso, de toutes les causes de salubrité ,polluants et obstacles environnants.

L’administration Mauritanienne n’en serait que hautement respectée. Elle qui fait actuellement  de l’environnement son cheval de bataille  et qui tente au mieux d’atteindre les Objectifs du Millénaire(OMD) pour  lesquels elle s’est engagée devant les Nations Unies.

http://adrar-info.net/?p=16945.  13 Octobre 2013

mardi 31 mai 2016

Mirages du Nord et déracinement.



Dans ce quartier défavorisé de Bruxelles en Belgique, on côtoie de multiples cultures et les langues s’y bousculent.
Sur cette petite place de marché, les étalages de légumes «  bio », frôlent les marchands d’olives et d’épices marocains, et les langues turque, italienne, portugaise, néerlandaise, indienne polonaise ou russe, s’y mélangent en un joyeux melting-pot !

À côté de moi, des femmes ou des jeunes-filles, les unes cheveux au vent et épaules découvertes en ce mois d’août torride, d’autres portent un hidjab, certaine le voile et…un jeans, visage maquillé, le portable à l’oreille, d’autres encore sont simplement vêtues comme on l’est ici et puis les femmes en boubou colorés, à la démarche un peu traînante, quand il fait si chaud !


On y rencontre les turbans  « Sikh » chez les hommes et d’autres coiffes venues de pays lointains.
De loin en loin, je les repère très vite, l’une ou l’autre égarée du Sahara : au « melhafa » qu’elles portent, je peux presque deviner : Mauritanie ? Niger ? Mali ?

Un pincement au cœur.

Beaucoup se sont laissé prendre aux 
« mirages du nord », véhiculés par les pays riches et entretenus par ceux et celles qui retournent au pays et n'osent avouer leur situation réelle : confort, voiture, télé, travail, école, consommation et d'autres nombreux fuient leurs pays à feu et à sang, pour se retrouver ici dans la rue, ou au mieux derrière les murs de centres fermés, pour ne pas dire prisons. Sans compter les délits de "faciès" auxquels ils sont confrontés régulièrement. les ayant accompagné quelquefois, je connais ces regards, polis envers moi et méprisants, souvent, envers elles et eux. 


Comme pour tous les mirages, plus ils s’avancent vers leur vision idéalisée et plus celle-ci s’éloigne. 
Pour un très grand nombre, ceux que l’on cache, ceux dont on ne parle pas ou alors quand il s’agira de les remettre dans un avion de retour au pays où certains trouveront la mort.

Ceux qui se sont adaptés, ont obtenus leurs papiers et ont pu obtenir un travail, refusent de raconter chez eux le parcours du combattant que la plupart ont parcouru. 
J’ai pendant des années vécu ce parcours et j’en connais donc les aléas, les dangers, les désespoirs.
Ils se taisent face à leurs proches, racontent que tout va bien, et puisque au pays, on croit que tout va bien, la pression se fait de plus en plus forte.
Souvent femmes et enfants sont restés au là-bas…en attendant, un hypothétique départ.


Mais le temps passe, les épouses réclament de l’argent qu’elles pensent si facile ici et ne comprennent pas le temps que leur mari met à le leur envoyer.
Ils ne disent pas qu’ils n’ont pas encore leurs papiers, ne racontent pas la peur de la police et de tout ce qui porte uniforme, ni du centre fermé où ils ont vécu 15 jours ou plusieurs mois, véritables et iniques prisons où sont parqués hommes, femmes et enfants, où je n’avais même pas le droit de voir mon ami ( aux Pays-Bas), où une amie togolaise se morfondais, ici en Belgique et où même des enfants étaient en quelque sorte détenus!

Commence alors la valse, avec des amis sincères, des avocats, concernés ( il y en a), des dossiers que l’on crée avec patience et l’aide d’amis, des familles ici qui veulent bien témoigner, même des médecins qui déclareront qu’ils qu'ils ont soigné telle ou telle personne. 


Pétitions, dossiers, photos, cela n’en finit pas.

Ceux qui ont échappé aux contrôles, vivent à 3 ou 4 dans une chambre d’étudiant de trois mètres sur quatre, hors de prix, et pour ceux qui sont issus des régions Sahariennes, le seul pont qui les relie à chez eux, c’est ce thé qu’ils boivent inlassablement, les yeux dans le vague, la nostalgie au cœur. 

Ils ne pleurent pas : ça va aller Incha Allah, et si ils ont accès à internet, « Tinariwen » "Bombino", pour les touaregs, passent en boucle !

Très vite ils ont abandonné leurs vêtements traditionnels trop repérables.
Très vite ils abandonnent leurs marques distinctives, car dans de si jolies communes proprettes et si…blanches, passer inaperçu est impossible ! 
Dans la grande ville cosmopolite,  c’est un peu moins difficile.

Pour certains, pour beaucoup, les seuls métiers qu’ils pourront espérer, seront les plus humbles de nos capitales, humbles et indispensables pourtant. 
L’un était forgeron d’art et sera «  technicien de surface », l’autre sera balayeur de rue, mais, pourra espérer faire venir sa famille et ses enfants auront accès aux études.


Un autre me disait qu’il fallait que çela aille très vite, il avait une peur panique qu’une grand-mère fasse exciser sa fille !
Ceux qui sont venus faire des études, ont souvent le désir de rester ici. 

Nostalgie oui, mais pas l’envie de retrouver certaines conditions de vie. 
Pourtant c’est de cette génération d’érudits que des changements pourraient être espérés en Afrique.
Mais qui pourrait leur en vouloir ?

Certains cependant l’ont bien compris et rentrent, métiers et formations en main, prêts et prêtes à aider leur pays.

Tout n’est pas noirs, tout n’est pas blanc : partir oui, pourquoi pas, mais ne pas cacher les difficultés que cela va entraîner, ne pas faire du Nord, un Eldorado, comme l’ont cru  et le croient encore énormément de ceux qui essayent de gagner les États-Unis depuis le Mexique, Haïti ou Cuba, traversent les mers des mille danger. 
Encore aujourd'hui je viens d'apprendre que le cousin d'un ami a fait cette traversée après des mois en Libye pour arriver après des mois de galère en Italie. Et après? 
Ça fait mal, parce que je ne vis pas dans les beaux quartiers où se promènent les étudiants étrangers issus de familles plus riches (pas tous) et qu’ici surtout, je vois les plus démunis et l'accueil que nous leur réservons reflète notre peur, notre incommensurable peur de l'autre.

Le regard du cœur manque dans tous les pays : on ne doit pas dire « noir » et je suis agressée à Lomé : « fais payer la « Yovo » 
( la blanche), ou ailleurs, « eh la toubabou, sors tes sous"
Il y en a à faire dans le cœur des Hommes.


Attention aux mirages , d’où qu’ils soient, rarement ils découvrent une véritable étendue d’eau !




image tirée du lien ci-dessous.



Texte et photographies: Mona mc Dee




vendredi 30 octobre 2015

Mes pistes, trucs et astuces pour un petit trek dans le désert.


AVANT TOUT VOIR votre organisateur sur place et votre guide,  « MASTERS OF THE DESERT » pour les infos avant départ.


Amusez-vous, mettez-vous en plein les mirettes et le cœur, respectez et vous serez respectés. 
Discutez les prix avec sagesse et discernement. 
Parfois cela friserait l’irrespect tant les sommes sont pour nous, ridicules, surtout dans le désert. ( En ville c’est autre chose !)

-Laissez le gros sac ou sac à dos aux bons soins des chameliers et gardez le petit pour la journée.

-Parce qu’un groupe en a fait la triste expérience, imaginez la perte de vos bagages pour quelques jours ! Eh oui, ça arrive. Pas souvent mais ça arrive.
Alors, dans votre bagage cabine, souple et qui soit de préférence un petit sac à dos ayez :

-vos chaussures de marche et 1 paire de chaussettes
-vos « Pataugas »
-un T-shirt manches longues ou chemise etc
-1 pantalon ou jupe
-1 rechange de lingerie
-chapeau ( le chèche vous le recevrez sur place.)
-vos médocs y compris les liquides en minis-contenants pour ne pas dépasser les 100ml permis
-1 paquet de lingettes
-1 rouleau de PQ
-brosse à dent et un échantillon de dentifrice
-des » compeed, si, si, si
-un mini- contenant de crème solaire 50+ et alcool-gel mini.
-et les petits trucs pour vous indispensable.

Ces précautions et le fait que je sois arrivée avec un jour d’avance sur le groupe, avec mes bagages,  en a sauvé quelques uns pendant 3 jours.  Mais j’avais prévu le coup pour mes 2 petits-fils et moi-même.
Alors du bas vers le haut !



Les chaussures :
-En toile genre « Aigle » semelle épaisse pour la marche dans le « reg » où les pierres sont légion, montantes : le « truc » : ne pas lacer jusqu’en haut mais jusqu’à l’avant dernier œillet !
-1 paire de lacets de rechange
-2-bonnes paires de chaussettes laine sans coutures et une paire de semelles : les pieds ne doivent pas glisser ou bonjour les ampoules. ( vive Compeed. ça marche même avec une ampoule horrible désinfectée à l’ISOBÉTADINE  CRÈME. ( un mini-pot à confiture de 10 ml suffit pour tout le voyage. )Le lendemain, il n'y paraissait plus!
-1 paire de « Pataugas » qui tiennent bien les pieds quand marre des godasses. ( des tongs pour le soir )
-Et puis le soir justement, soignez vos « petons » !




Les mollets : ben, bon, musclons, musclons

Les genoux pourquoi ne pas emporter 1 bâton de marche muni de sa rosace. Une amie m’en a prêté un qui m’a sauvée quand mon genou ne voulait plus !!
Les bras : COUVERTS ! sauf peut-être le matin avant 10h:  on n’est pas là pour faire bronzette, protégez-vous aux heures chaudes, c’est à dire pratiquement toujours !
Le visage : crème, crème et encore si vous ne voulez pas ressembler à une pomme reinette.
La tête : chèche, chapeau, voile et la nuque aussi. Surtout toujours écouter votre guide : lui, IL SAIT !

La lampe frontale LED pour le soir : NE LA PORTEZ PAS EN FRONTALE ! vous attireriez tous les insectes du coin. Portez là à bout de bras et allumez-là par intermittence.
-le chèche ce n’est pas pour rien, et en plus, il y a de fortes chances pour que vous ne vous laviez plus les cheveux avant le retour à l’hôtel!
Ou peut-être les rincer à l’oasis : pas de savons svp, n’allons pas polluer là-bas.




Les vêtements
-Amples, légers, couvrants
-1 maillot si vous voulez vous baigner à l’oasis. 
N’oubliez pas que vous êtes en pays musulman et que le respect de leurs coutumes est de rigueur et c'est se respecter soi-même que de leur accorder le nôtre.
-quelques mini-essuies, vous verrez ça vient à point.
-si vous avez de la place dans vos bagages, emportez des choses que vous pourrez laisser sur place avant de rentrer au pays : vêtements enfants, femmes, hommes et si vos finances le permettent, laisser un max de médocs au guide qui donnera à l’infirmier du village ou de la ville.

PIPI ET…..
-PQ
-ALLUMETTES OU BRIQUET ( BAGAGE SOUTE !!!)
-des petits sacs plastique : le pq sera brûlé, ainsi que les lingettes, les déchets dans sacs plastiques et qui ne seront pas jetés avant le retour !! ( les cendres peuvent être «  ensablées »)
-n’allez pas entre les pierres, les « bêbêtes » sont là
- soyez tranquilles, on est discret dans le désert….







En vrac :

-MANGER : Tout est OK, simple, frugal et suffisant. Mais ne relâchez pas votre vigilance. Je ne suis pas parano, mais autant pouvoir profiter du voyage sans problèmes.
Nous l’avons tous relâchée le dernier jour à l’hôtel où nous avons pris, erreur fatale, la crème glacée en dessert !! Salmonelle assurée, tous malade dans l’avion du retour, un comble !!

-si vous épluchez un fruit, frottez vous les mains à l’alcool avant de manger la pulpe .

Les fringales : pas de « chocolat » et pour cause, mais des barres, des amandes et noix , et n’oubliez pas d’en offrir de temps en temps!

BOIRE
Buvez toute l’eau qui vous est impartie sinon, vous aurez la surprise comme moi, de retrouver une vieille au retour. Heureusement en quelques heures je me suis «  repulpée !! »
À l’hôtel : eau capsulée et à utiliser aussi pour se laver les dents !!.



LE THÉ
Ne se refuse en aucun cas, et si vraiment vous ne pouvez pas, ne commencez pas.
Prendre un des 3 verres signifie boire les 3 verres.
On vous dira pourquoi, je vous laisse la surprise si vous ne savez pas.

Lire
Ne vous encombrez pas de trop de bouquins, vous lirez peu : OUVREZ LES YEUX !

Photographier
Évitez de photographier sans autorisation. Pour certains, vous volez leur âme !

 Les « mosquitos »
Il y en a peu, mais il y en a et il risque d’y en avoir à Nouakchott lorsqu'il a plu, et quand cela arrive, il pleut vraiment.
Donc un peu de répulsif et de crème calmante en cazou !
et un peu dhuile essentielle de lavande, ça aide toujours !

En dehors de vos médocs habituels, pas mauvais d’avoir avec vous de l’Entérol ou équivalent français ou autre qui aide à l'équilibre bactérien. ( 1 capsule 8 jours avant départ c'est pas mal!!) ou des produits homéopathiques équivalents.
Achetez aussi du MICROPUR ou assimilé pour donner au guide qui le donnera au cuisinier pour préparer l’eau de la journée, devenue ainsi parfaitement consommable et sans danger. L'eau pour les enfants sera toujours de l'eau en bouteille. L'eau traitée au Micropur pour les adultes est parfaite.










Vous ne passerez sans doute pas beaucoup de temps à Nouakchott, mais en la traversant, profitez-en pour ouvrir les yeux. Pauvre, attachante, elle recèle aussi des trésors d'artisanat. 






ET : ENJOY,
et comme me disait Ahmed : « Ce que tu demandes au désert, il te l’accorde ! »
BON VOYAGE INSHALLAH !


Article et photos Mona Mac Dee sauf mention contraire sur les photos.

http://www.lestoilesmaures.net


http://www.walkyourmind.com/content/

Sous la Khaïma de DBAGANA -3- In & Out. Nouakchott. Mauritanie

DBAGANA : "Perle écologique" comme l’a appelée notre ami journaliste Ely Salem, venu la visiter et dont le texte fait l'objet de l'article suivant.






DBAGANA, navire en détresse, encerclée de détritus et d’huiles usées, sans compter la pollution générale de la ville, dont souffrent tous ses habitants.
Je n’en dirai donc pas beaucoup plus, les images parleront d’elles même, tant le contraste entre l’intérieur et l’extérieur est surprenant.



























Texte et photos Mona MacDee et Bamba Samory Soueidatt


jeudi 29 octobre 2015

Sous la Khaïma de DBAGANA -2- Nouakchott. Mauritanie


Il était 05h30 ce matin lorsque je me suis réveillée, ou disons plutôt, lorsque j'ai décidé que cela suffisait comme ça!



Je craignais de ne pas être à l’heure pour ouvrir la porte de DBAGANA aux maraîchers, qui dorment chaque nuit, ici, sous la khaïma et ne la quittent qu’au petit jour.
Je suis donc descendue avec la pleine lune pour torche, leur ai fait de loin un petit signe de la main auquel ils m’ont répondu, ai libéré la porte d’entrée et suis retournée vers  ma chambre, bien décidée à me recoucher.
Exercice impossible que de demander à l’insomniaque que je suis de se rendormir alors que le soleil doucement se lève, qu’il fait délicieusement « frais » et que des scènes de vie que j’ai aussitôt envie de vous faire partager, se déroulent, là, sous mes yeux.


Cette vie qui s’éveille de l’autre côté de la route derrière DBAGANA : quelques « boubous »,mallettes à la main, quelques femmes aussi, attendent un véhicule ami ou de bonne composition, qui les mènera vers le centre de la ville, à " Capitale" pour rejoindre un travail,  une occupation ou une école sans doute . 
Ils font les cent pas avec patience et- portable collé à l'oreille. 
Des véhicules s’arrêtent. 
Ils y montent, parfois simplement jusqu'au "Carrefour Madrid" où ils ont plus de chance de trouver une voiture qui les emmènent vers leur direction. 


Le vent est encore léger les « perruches » se réveillent aussi, 
( Jean-Marc Dignac de l’ ONG "ARBRE"  qui s’y connaît bien en oiseaux, m’a dit qu’il s’agissait en fait de –guêpiers-).



L’aube rougeoie et le sommeil m’a définitivement fuie, rien que de très normal finalement.

Maintenant il est 16h30. 
Journée chaude et Harmattan brûlant, coupure d’électricité et de réseau…rien  aussi que de très normal.


Dans une heure les guêpiers vont revenir nicher.


C’est Samedi, il fait très calme et les bruits de la rue ne sont plus que légères rumeurs après les journées chaotiques qui ont précédé l'Eïd.


Pendant que j’écris à l’ombre d’un amandier, le boutiquier du coin dort calmement sous l’air plus doux de la khaïma et je respecte trop son sommeil si confiant pour lui voler cet instant privilégié.


Il repose là, paisible, et, après une toilette sommaire sous la douche mise à la disposition de qui entre ici, il ira reprendre sa place dans sa microscopique boutique chauffée à blanc, jusque très tard dans  la nuit.

Ces heures magiques, de l’aube et du crépuscule, où que je sois, sont celles que je préfère, celles où je peux me recentrer dans la solitude.
Le calme exceptionnel de cette journée, le murmure maritime des feuillages, me réconcilient avec ce début de séjour un peu particulier, où je n'ai pas encore vu l'ombre même d'une dune!





Il est bientôt 17h à présent, le boutiquier s’est longuement frotté les yeux après ce lourd sommeil et est allé faire ses ablutions.



Les muezzins se réveillent aussi.


Texte: Mona Mac Dee

Photos: Bamba Samory Soueidatt et Mona Mc Dee